mardi 9 décembre 2008

Charmante histoire dans Ouest France ce jour...très représentative de Louis Poirier


De Gracq au Grac, en passant par Challain



Poncaral devant ses toiles, dans son centre d'art de Challain-la-Potherie, dans le Haut-Anjou. Poncaral devant ses toiles, dans son centre d'art de Challain-la-Potherie, dans le Haut-Anjou.
Un jour, cet ancien chef d'entreprise a tout plaqué pour devenir artiste. Quinze ans après, Poncaral ne regrette rien. Même s'il ne recommencerait pas...
A 50 ans, il a « pété les plombs ». Comme ça, d'un coup. C'était il y a quinze ans, après une énième réunion de boulot. Celui qui ne s'appelait pas encore Poncaral était un chef d'entreprise angevin. Dans un cabinet de design.

Le genre actif. Hyperactif, même. Embarqué dans une foultitude de projets. Avec la Chambre de commerce et d'industrie d'Angers, avec ses copains, chefs d'entreprise eux-aussi. Bref, un homme d'affaires.

Mais, on vous le dit, un jour, il a « pété les plombs ». « J'en avais marre, mais marre... Je suis rentré chez moi et j'ai tout plaqué. Ma femme avait sa propre affaire, mes enfants étaient grands, je me suis dit : il est temps. »

Temps de laisser la BMW et d'acheter une « deudeuche », « pour avoir moins de frais ». Temps de faire ce qu'il aime vraiment : peindre. Temps de se trouver un endroit pour abriter sa passion.

C'est comme ça qu'il a « atterri » chez l'écrivain Julien Gracq. Grande, immense figure de la littérature française, décédé en décembre 2007 et installé, à l'époque, à Saint-Florent-le-Vieil.

« Je voulais trouver un atelier, dans un endroit sympa. Un jour, je vois qu'un certain Louis Poirier cherchait quelqu'un pour occuper son studio. Je ne le connaissais pas. Je me présente, on discute et il me dit : « J'écris un peu, vous savez. Et je signe sous le nom de Julien Gracq... » »

« J'ai pris un risque épouvantable »

Poncaral croit à une blague. « Je lui dis qu'il risquait d'avoir des problèmes avec la Société des auteurs. Julien Gracq, il est connu... Il me regarde, sourit et me dit finalement : « Je suis Julien Gracq ». Je me suis retrouvé bête. Voilà comment nous nous sommes rencontrés. »

Leur relation aura duré quinze ans. Oh, ce n'était pas les grandes effusions. Les deux hommes sont discrets. Chacun dans son coin. « Mais il me faisait confiance. Me demandait parfois mon avis. On s'entendait bien. »

Chez Julien Gracq, Poncaral peint. Expose. Ici, là, ailleurs. Il commence à se faire un nom. En 2002, il crée le... Grac (Groupement des artistes contemporains). Avec des amis, des grosses pointures, comme Louis Laubignat, « l'un des plus grands sculpteurs du monde ». Ses toiles se vendent. « Au départ, je me suis donné dix ans pour vivre de ma peinture. » Pari réussi.

Aujourd'hui, il s'est installé à Challain-la-Potherie. « J'ai dû déménager après la mort de Julien Gracq. L'ancien presbytère de la commune m'a tapé dans l'oeil. » Poncaral y a créé un centre d'art (lire ci-dessous). Il est heureux.

Mais, à bien y réfléchir, si c'était à refaire... « Je crois que je ne recommencerais pas. J'ai pris un risque épouvantable. Je suis parti avec des idées toutes faites et au début, ça ne marchait pas. »

Mais l'ancien chef d'entreprise s'est accroché. Et il y est arrivé. De Gracq au Grac, en passant par Challain, Poncaral, c'est l'histoire d'un chef d'entreprise devenu peintre. Parce qu'un jour, il a « pété les plombs ».

Jean-Philippe NICOLEAU.
Ouest-France

Poncaral devant ses toiles, dans son centre d'art de Challain-la-Potherie, dans le Haut-Anjou. Poncaral devant ses toiles, dans son centre d'art de Challain-la-Potherie, dans le Haut-Anjou.
Un jour, cet ancien chef d'entreprise a tout plaqué pour devenir artiste. Quinze ans après, Poncaral ne regrette rien. Même s'il ne recommencerait pas...
A 50 ans, il a « pété les plombs ». Comme ça, d'un coup. C'était il y a quinze ans, après une énième réunion de boulot. Celui qui ne s'appelait pas encore Poncaral était un chef d'entreprise angevin. Dans un cabinet de design.

Le genre actif. Hyperactif, même. Embarqué dans une foultitude de projets. Avec la Chambre de commerce et d'industrie d'Angers, avec ses copains, chefs d'entreprise eux-aussi. Bref, un homme d'affaires.

Mais, on vous le dit, un jour, il a « pété les plombs ». « J'en avais marre, mais marre... Je suis rentré chez moi et j'ai tout plaqué. Ma femme avait sa propre affaire, mes enfants étaient grands, je me suis dit : il est temps. »

Temps de laisser la BMW et d'acheter une « deudeuche », « pour avoir moins de frais ». Temps de faire ce qu'il aime vraiment : peindre. Temps de se trouver un endroit pour abriter sa passion.

C'est comme ça qu'il a « atterri » chez l'écrivain Julien Gracq. Grande, immense figure de la littérature française, décédé en décembre 2007 et installé, à l'époque, à Saint-Florent-le-Vieil.

« Je voulais trouver un atelier, dans un endroit sympa. Un jour, je vois qu'un certain Louis Poirier cherchait quelqu'un pour occuper son studio. Je ne le connaissais pas. Je me présente, on discute et il me dit : « J'écris un peu, vous savez. Et je signe sous le nom de Julien Gracq... » »

« J'ai pris un risque épouvantable »

Poncaral croit à une blague. « Je lui dis qu'il risquait d'avoir des problèmes avec la Société des auteurs. Julien Gracq, il est connu... Il me regarde, sourit et me dit finalement : « Je suis Julien Gracq ». Je me suis retrouvé bête. Voilà comment nous nous sommes rencontrés. »

Leur relation aura duré quinze ans. Oh, ce n'était pas les grandes effusions. Les deux hommes sont discrets. Chacun dans son coin. « Mais il me faisait confiance. Me demandait parfois mon avis. On s'entendait bien. »

Chez Julien Gracq, Poncaral peint. Expose. Ici, là, ailleurs. Il commence à se faire un nom. En 2002, il crée le... Grac (Groupement des artistes contemporains). Avec des amis, des grosses pointures, comme Louis Laubignat, « l'un des plus grands sculpteurs du monde ». Ses toiles se vendent. « Au départ, je me suis donné dix ans pour vivre de ma peinture. » Pari réussi.

Aujourd'hui, il s'est installé à Challain-la-Potherie. « J'ai dû déménager après la mort de Julien Gracq. L'ancien presbytère de la commune m'a tapé dans l'oeil. » Poncaral y a créé un centre d'art (lire ci-dessous). Il est heureux.

Mais, à bien y réfléchir, si c'était à refaire... « Je crois que je ne recommencerais pas. J'ai pris un risque épouvantable. Je suis parti avec des idées toutes faites et au début, ça ne marchait pas. »

Mais l'ancien chef d'entreprise s'est accroché. Et il y est arrivé. De Gracq au Grac, en passant par Challain, Poncaral, c'est l'histoire d'un chef d'entreprise devenu peintre. Parce qu'un jour, il a « pété les plombs ».

Jean-Philippe NICOLEAU.
Ouest-France