mercredi 24 septembre 2008

Bu d'Angers (extrait)

Les Eaux étroites (1976)
Beauchesne, Eric. - Un récit emblématique : Les Eaux étroites, de Julien Gracq. - Ann Arbor (Mich.) : UMI, 1999
Mém. M. A. : Litt. : Laval (Canada) : 1993
Cote B.U. Angers : R 40 337

Ollivry-Anelli, Hélène. - Une Lecture des "Eaux étroites" de Julien Gracq. - [S. l. s.n.], 1990.
Mém. Maîtrise : Lett. : Paris IV : 1990. 3 ex.
Cote BU Angers : R 40 038. R 40 039. R 40 040.

Seyfrid, Brigitte. - La Fiction autobiographique dans "les Eaux étroites" de Julien Gracq. - [S.l. s.n.], 1986.
Mém. Maîtrise : Lett. mod. : Strasbourg II : 1986. 2 ex.
Cote BU Angers : R 40 266. R 40 225.


Carnets du grand chemin (1992)
Lanza, Evelyne. - Julien Gracq autobiographe ? dans "Carnets du grand chemin", 1992, Edition Corti. - [S.l. s.n.], 1997.
Mém. Maîtr. : Lett. : (?) : 1997.
Cote BU Angers : R 40 308

lundi 22 septembre 2008

Gracq au bac

Julien Gracq : extrait de Lettrines 2
Villages d'Amérique : lotissements gazonnés, ombreux et verdoyants, où le bornage remplace la clôture; maisonnettes de bois éparses sous les branches et posées sur le sol précairement. Rien n'est enraciné : c'est une maquette de « village fleuri » comme on en voit dans les vitrines des agences; si on soufflait dessus, tout s'envolerait, il ne resterait que les arbres, plus vieux que les murs qu'ils ont fournis. Petites églises blanches et neuves, non plus le coeur du village ainsi que chez nous, mais plutôt une dépendance fonctionnelle analogue à la poste ou au silo de maïs, casées à l'écart, n'importe où, comme une église de plantation au coin d'un champ de canne à sucre. Les cimetières sont des bosquets riants et ombragés, logeant des stèles de pierre au large sur les gazons tondus d'un vert profond : rien de lugubre en ces lieux; ce sont les prairies d'asphodèles beaucoup plus que les caveaux gothiques de l'Europe hantés des goules et des revenants. Dans ces bocages d'Éden pleins de pépiements, où plus rien ne parle du ver rongeur, de la Danse Macabre et du Jugement, brusquement revient en mémoire la mythologie indienne née de cette terre, où les âmes des guerriers morts voletaient réincarnées dans l'oiseau-mouche. Aucun de ces amers' de pierre dressée où s'accrochent les légendes : châteaux, moulins, cloîtres, donjons, calvaires, ruines. Nulle cicatrice d'homme sur la terre : le mound précolombien rentre dans le sol et s'égalise en un mouvement de terrain flou, la maison abandonnée disparaît en fumée comme un tas d'herbes sèches, l'Indian trial de terre battue a moins longue vie que la chaussée romaine. Le signe de la croix lui-même apparaît ici transplanté et exotique : « manière de blanc » à laquelle le paysage et le sol restent indociles, comme l'est aux espèces du pain et du vin cette terre du lait et du maïs.

Presse Ocean L’élève Louis Poirier vu par son professeur de lettres, Georges Kirn

L’élève Louis Poirier vu par son professeur de lettres, Georges Kirn

Georges Kirn, professeur de lettres.
En 1951, au lendemain de l’attribution du Prix Goncourt à Julien Gracq, pour Le Rivage des Syrtes, Georges Kirn dit tout le bien qu’il pense de son élève de seconde de l’année scolaire 1925-1926.
" Le plus étonnant, ce n’est pas que le Goncourt le couronne cette année, mais qu’il ne l’ait pas couronné dès son premier livre en 1938.Il était à l’aise dans toutes les matières, en latin, en grec, en maths…Et vous savez que lorsqu’il lui fallut choisir une orientation, c’est l’agrégation d’histoire qu’il choisit. Ce qui ne l’empêcha pas, tout en préparant Normale, d’être brillamment reçu au concours de sortie de l’Ecole des sciences politiques.Lorsqu’il était mon élève, il était très en avance sur les programmes. Les mouvements littéraires les plus fermés lui étaient familiers. Il lisait beaucoup. Sa facilité de travail lui permettait de le faire sans perte de temps.Plusieurs fois, il m’a fait lire ses poèmes. On pouvait y retrouver bien sûr une forte influence du symbolisme, mais par delà cette part d’imitation qui tenait à son âge, il y avait un instinct très sûr du poème et de la poésie. Sentiments et formes portaient la marque d’une maturité très personnelle.Il avait un jugement très sûr. Je me souviens d’une analyse qu’il m’avait faite sur un poème d’Henri de Régnier. Tout ce qu’il fallait en dire y était. Il voyait juste.Il lui est même arrivé d’être desservi par cette sûreté de jugement. C’était à sa première partie de bachot ; à ce moment-là, on donnait encore des commentaires de textes à l’écrit.Le commentaire portait sur « La flûte » de Vigny. Poirier avait fait une analyse très serrée, faisant la part du prosaïsme de Vigny. Cela dut mécontenter le correcteur, si bien que Poirier n’eut qu’un 14 au lieu du 18 ou 19 qu’il eût dû avoir."Propos tenus en décembre 1951 au journal La Résistance de l’Oues

mardi 16 septembre 2008

Robert de Goulaine dans Ouest France 16/09/2008

Robert de Goulaine. C'est Julien Gracq qui lui a mis le pied à l'étrier. « Un ami. Pendant vingt ans, jusqu'à la fin de sa vie, on se voyait tous les quinze jours. » Robert de Goulaine habite un château près de Nantes, où il élève des papillons, veille sur ses vignes, où il écrit. Son neuvième livre, Tant et si peu, est publié aux éditions du Rocher. C'est celui d'un écrivain élégant et philosophe. « Plus on a de passions, moins l'on a de risques de succomber à l'une d'entre elles », dit-il. Alors, il observe le microcosme parisien à bonne distance. « Je suis hors du coup, vu mon âge (75 ans), vu que j'habite Goulaine. C'est une chance. Sinon je serais tombé dans la nécessité de toujours publier davantage. Je n'ai jamais été grand public. Mon plaisir a été d'être apprécié par des gens qui comptent. »


Marc PENNEC.

lundi 8 septembre 2008

LIvres Hebdo 23 décembre 2007

Julien Gracq disparaît
Publié le 23 décembre 2007 par vt, afp

(Photo : Julien Gracq)

Julien Gracq est mort à 97 ans. Il avait abordé tous les genres littéraires en près de sept décennies d'écriture. L'auteur des "Rivages de Syrtes" laisse une oeuvre majeure, nourrie du romantisme germanique, de fantastique et de surréalisme. Il fut l'un des rares écrivains à être publié de son vivant dans la Pléiade.

L'écrivain français Julien Gracq, de son vrai nom Louis Poirier, auteur notamment du Rivages des Syrtes, est mort samedi à l'âge de 97 ans des suites d'un malaise, a-t-on appris dimanche auprès de son entourage. L'auteur avait été hospitalisé en début de semaine après avoir eu un malaise à son domicile de Saint-Florent-le-Vieil (Pays de la loire), dans l'ouest de la France, où il vivait retiré depuis de nombreuses années, selon la même source.

Né le 27 juillet 1910 dans ce même village, Julien Gracq figurait parmi les très grands écrivains francais. Auteur de 19 ouvrages, Julien Gracq nourrissait son oeuvre de romantisme allemand, de fantastique et de surréalisme.

Il avait refusé le Goncourt

Homme secret et rétif aux honneurs, Julien Gracq avait refusé le prix Goncourt en 1951 pour son chef d'oeuvre Le rivage des Syrtes. Mais il avait cependant accepté d'entrer en 1989 dans la prestigieuse collection de Gallimard, la Pléiade. Jamais édité en poche, ses textes n'avaient connu que des tirages limités, ce qui ne l'avait pas empêché d'acquérir un immense prestige auprès d'un public lettré.

Julien Gracq a étudié à l'Ecole normale supérieure et à Sciences-po et obtenu son agrégation d'histoire et de géographie. Il a écrit tout en enseignant dans des lycées de Quimper, Nantes, Amiens et Paris. Il a choisi le nom de Gracq pour de simples "raisons de rythme et de sonorité".

En 1938, il présente en vain le manuscrit de Au château d'Argol à la NRF (Gallimard). Il s'adresse alors à l'éditeur et libraire José Corti, à qui il restera fidèle durant toute sa vie. En 1939, après avoir rencontré André Breton, chef de file du surréalisme, il devient un compagnon de route du mouvement dont il s'éloigne cependant assez vite. Avec une perfection de style frisant parfois la préciosité, il était pamphlétaire dans La littérature à l'estomac (1950), où il stigmatisait les moeurs littéraires, poète dans Liberté grande (1947), critique dans Préférences (1967), nouvelliste dans La presqu'île (1970) et, bien sûr, romancier dans Un beau ténébreux (1945) ou Un balcon en forêt (1958). Certaines de ces oeuvre sont été adaptées au cinéma.

Julien Gracq a abordé des genres différents dans ses 19 livres (poésie, théâtre, critiques, romans, essais, nouvelles, etc...).Son dernier livre, Entretiens, est paru en 2002, et comme dans ses précédents livres, Julien Gracq avait choisi un travail d'édition à l'ancienne, sur des feuillets non massicotés, que le lecteur se doit d'ouvrir au coupe-papier comme un journal intime. De très nombreux ouvrages savants sont parus sur son oeuvre, traduite en plusieurs langues. Ses oeuvres complètes sont publiées dans la collection prestigieuse de Gallimard "La Pléiade".

Jean-Maurice de Montremy lui rendait hommage dans son récent blog avec cette citation prophétique signée Gracq : "Tout ce qui a la couleur du songe est, de nature, prophétique et tourné vers l’avenir. "

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Site internet officiel : http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/presentation-gracq.html

Julien Gracq dans les programmes du Capes

jeudi 28 août 2008

Laurence Ferrari dans Paris Match

Et de fait, même dans ce bureau, nul indice sur son jardin secret. Rien qui traîne. Quelques news, mais alignés avec la même rigueur qu’à la médiathèque municipale. Pour le reste, seulement des balises persos, comme ce vieux manuel d’anglais de quatrième dont on ne voit pas trop bien ce qu’il vient faire là : «Autodérision, parce que j’ai vraiment des progrès à faire!» Puis on écarquille les yeux sur la une du «Libé» encadrée qui annonce la mort de Julien Gracq. Pour une fois, Laurence Ferrari en devient presque romantique : «Je suis une vieille fan du “Rivage des Syrtes”. J’ai été jusqu’à en recopier des extraits entiers sur un cahier...» J’ai dû cependant manquer le plus précieux de ses repères car c’est elle, pour une fois, qui me pointe sur le mur un portrait de Baudelaire. Puis me lit à haute voix la citation qui l’accompagne. Sa devise, à l’évidence. Elle n’est pas franchement gaie : «Il faut travailler, sinon par goût, au moins par désespoir, puisque, tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que s’amuser.» Baudelaire et Gracq à TF1... Surprenant, non? Et pourquoi ce culte du travail? Par désespoir? «Oui.» Puis elle enclenche la marche arrière. «Non, non, je corrige. J’ai beaucoup d’aptitude au bonheur. Je veux simplement dire que la vacuité, l’oisiveté me terrorisent. J’ai besoin de faire quelque chose de ma vie. L’humain ne cesse jamais de me passionner, même si je suis pessimiste et que je n’ai pas une haute idée de la nature humaine. Pourquoi ce plafond de verre, par exemple, qui bloque partout la carrière des femmes? Pourquoi à la télé aucune femme patron de chaîne? Moyennant quoi, je m’efforce toujours de revenir à l’essentiel. Cela, je l’ai appris le jour où, jeune journaliste à Europe 1, avec le même micro et à quelques heures d’intervalle, j’ai interviewé Yves Saint Laurent et Catherine Deneuve puis des sans-papiers maliens qui vivaient au milieu des rats.»

vendredi 22 août 2008

Olivet 45 « Le roi pêcheur » de Julien Gracq

« Côté jardin » se prépare en coulisses à Olivet
Publié le 22 août 2008 - 08:58
« Tango , 1er mouvement » avait ouvert le bal du dernier festival « Côté jardin », le 6 septembre 2007, sur la commune d'Olivet.
La septième édition des rencontres théâtrales s'ouvrira le jeudi 4 septembre, à 21 heures, au théâtre de verdure du Poutyl, avec « Le roi pêcheur » de Julien Gracq. Quatre soirées en plein air au programme.

Pour 2008, tout commencera par la quête du Graal, le jeudi 4 septembre, avec « Le roi pêcheur » de Julien Gracq, interprété par la compagnie Théâtre du 1er vol de l'hirondelle. La mise en scène est signée Laurence Arpi. Douze acteurs et un musicien feront revivre le mythe du Graal.