mardi 12 octobre 2010

Ouest france Caen décembre 2007 : Julien Gracq, le prof de géographie à Caen

Julien Gracq, le prof de géographie à Caen

vendredi 28 décembre 2007

L'écrivain, dont les obsèques ont eu lieu hier, a enseigné de 1942 à 1946 à l'université de Caen. Ses « Carnets du grand chemin » évoquent ses années normandes.

« Pas âme qui vive dans les décombres, au creux de cette nuit de lune. La longue rue Saint-Jean, dont la tranchée du moins m'eût servi de guide, avait disparu sans même laisser de cicatrice, parce que, un peu sinueuse et détruite en totalité, on avait trouvé plus simple de dégager au bouteur, pour le passage des convois à travers ses ruines, une percée rectiligne... Au-delà reparaissaient des pans encore dressés, et bientôt quelques maisons habitées ; sur les hauteurs de Saint-Martin, presque intactes, je retrouvai ma maison à peine égratignée, comme une petite arche échouée sur la colline après le retrait des eaux. »L'auteur de ces lignes est Julien Gracq. Comme celles décrivant La Hague, on les trouve dans « Les Carnets du grand chemin », recueil de notes et d'essais mûri lentement et savamment composite, publié en 1992 chez José Corti, son éditeur de toujours. On est en octobre 1944. Julien Gracq - Louis Poirier, de son vrai nom - est de retour à Caen, où depuis novembre 1942 il enseigne la géographie à l'université. Assistant, il avait alors accepté l'idée d'y commencer une thèse de géographie régionale : « La morphologie de la Basse-Normandie ».Fin mai 1944, le professeur rejoint à vélo son village de Saint-Florent-le-Vieil, dans le Maine-et-Loire, où il fut enterré hier après-midi. En octobre, il vient reprendre son poste, au terme d'un circuit compliqué en autorail et camion pour découvrir Caen en ruines, une faculté des lettres détruite. Les cours reprennent, sans cartes ni livres, à l'école normale, rue Caponière, préservée des bombardements, comme sa chambre meublée de la place Saint-Martin.Aux Rencontres pour lire« On nous présentait Julien Gracq comme un monsieur inaccessible. C'est le contraire. Discret, oui. » François de Cornière, l'homme des « Rencontres pour lire » à Caen, lui a consacré une Rencontre en 1993. Cette réputation de distance avait incité à quelques précautions. « Comme il acceptait de nous voir, avec Loïc Faucheux (le régisseur des Rencontres), on avait pris de nombreuses photos de son ancien quartier de Caen. Pour montrer patte blanche en quelque sorte... »Anthony Vérove, un passionné de Julien Gracq aujourd'hui professeur de français à Agon-Coutainville, était du voyage avec la comédienne Claude Alexis et Joël Masson, les lecteurs de cette Rencontre. « Julien Gracq a commenté toutes les photos, retrouvé celle de la maison de son meublé. Finalement, on a passé tout un après-midi à discuter, à boire du vin blanc, qu'il est allé chercher dans sa cave. C'était un homme d'une grande simplicité. Je savais qu'il ne se déplacerait pas. Je lui ai envoyé un enregistrement de la Rencontre pour lire consacrée à ses « Carnets ». Il nous a répondu par une belle lettre, publiée dans le livre édité pour les 15 ans des Rencontres, en 1995. »Xavier ALEXANDRE.

vendredi 23 juillet 2010

Rue du grenier à sel

Quel projet ?  Pour un quel avenir ?

Centenaire de Julien Gracq>>>>Une affectueuse pensée géographique

Centenaire de Julien Gracq (1910-2007)...le colloque

Ce colloque, organisé par l'Université Paris IV-Sorbonne et la Bibliothèque nationale de France,commémore le centenaire de Julien Gracq (1910-2007) trois ans après sa mort. Il cherche à situer Gracq dans son siècle tout en faisant ressortir la singularité d'une œuvre et d'une figure d'auteur.

Y seront évoqués les aspects essentiels de sa poétique, de son éthique et de son style, les rapports qu'il entretient avec les savoirs, la littérature et les arts, ses engagements intellectuels, sa position devant l'histoire, et ce qu'il représente aujourd'hui pour nous.

La présentation du fonds qu'il a légué à la BnF sera complétée par une réflexion sur la genèse de son œuvre telle que l'éclairent les manuscrits. Deux écrivains, Jean-Paul Goux et Pascal Quignard, apporteront le témoignage de la littérature vivante.

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Jeudi 10 juin, Université Paris IV-Sorbonne
9h Accueil des participants
9h15 Ouverture du colloque

9h30 : Didier Alexandre (Paris IV) : Gracq dans l’histoire du roman français
10h : Marielle Macé (CNRS/EHESS) : Gracq essayiste
11h : Christophe Pradeau (Paris IV) : Gracq dans l’histoire de la critique : Alain, Thibaudet, Béguin, Bachelard
11h30 : Philippe Berthier (Paris III) : « Mon siècle, en littérature, c’est le XIXe »
14h : Bertrand Westphal (Limoges) : Géocritique de Gracq
14h30 : Raphaël Baroni (Lausanne) : Temps et intrigue
15h30 : Gilles Philippe (Paris III- ITEM) : La langue littéraire
16h : Claude Coste (Grenoble) : Gracq et la musique : un héritage du symbolisme ?
16h30 : Jean-Paul Goux, écrivain : Ecrire en lisant Gracq Vendredi

Vendredi 11 juin, BnF, Site François-Mitterrand, Petit auditorium
9h30 : Marie-Odile Germain (BnF) : Le fonds Julien Gracq à la BnF
10h : Bernhild Boie : Gracq et le manuscrit
11h : Bernard Vouilloux (Bordeaux) : Gracq et les arts visuels
11h30 : Michel Jarrety (Paris IV) : Indifférence éthique ou morale du désir ?
14h : Dominique Perrin (Lyon) : Les engagements intellectuels de Gracq
14h30 : Patrick Marot (Toulouse) : Réception et autorité littéraire
15h30 Michel Murat (Paris IV) : Le rendez-vous avec l’histoire
16h : Intervention de Pascal Quignard, écrivain
Lieu : Université Paris IV- Sorbonne et BnF
Date : 10 juin 2010 - 11 juin 2010

vendredi 9 juillet 2010

Pour Julien GRACQ >>>NRF via Jérôme GARCIN

En hausse: la NRf

Pour Julien Gracq

Par Jérôme Garcin
Bel hommage de « la NRF » (n° 594, 19 euros) à Julien Gracq. Les deux grandes tendances dévotieuses y sont représentées : la voyageuse, portée par Philippe Le Guillou, pèlerin fidèle qui avait son fauteuil dans « le salon presbytéral de Saint-Florent » ; et la casanière, incarnée par Patrick Modiano, qui préféra fréquenter l'écrivain dans son oeuvre que dans sa maison.
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(c)F. Perry-AFP
Julien Gracq, "maître à lire" de Patrick Modiano.
L'auteur de « Villa triste » confesse qu'il aurait voulu être l'élève de Louis Poirier et qu'il n'a cessé d'être le disciple reconnaissant de Julien Gracq, son « maître à lire ». Il parle de « son doigté et sa sensibilité d'acupuncteur », mais aussi des « clairières urbaines » où il se promène souvent « en rêve avec lui ». En prime, les « Lettrines » relues par François Bon et la dette exprimée par Arnaud Maïsetti à l'endroit de « la Presqu'île », qui a déterminé sa vocation d'écrivain. En le lisant, en écrivant...
J.G.
En baisse : Contre les Schtroumpfs noirs